
Début 2026 apporte son lot de modifications réglementaires pour le secteur de la rénovation énergétique, alors que le contexte politique reste incertain. Pas de loi de finances votée, une troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie qui se fait attendre et un projet de Stratégie nationale bas-carbone contesté. Pourtant, ces premières évolutions vont donner le ton pour les mois à venir d'après Pierre-Marie Perrin, patron des affaires publiques chez Hellio.
Les Certificats d'économies d'énergie entrent dans leur sixième phase
La DGEC démarre officiellement la sixième période CEE qui redéfinit les priorités de financement. Elle anticipe aussi les orientations stratégiques de la future PPE. Pour les logements, le soutien reste solide voire s'intensifie : le gouvernement veut transférer une partie de l'enveloppe MaPrimeRénov' destinée aux grosses rénovations vers le mécanisme des certificats. Résultat pratique : les propriétaires toucheront des primes CEE plus généreuses pour installer du chauffage bois ou des pompes à chaleur, particulièrement quand ces équipements remplacent du gaz, fioul ou charbon.
MaPrimeRénov' perd deux forfaits, le DPE s'assouplit
Après des mois de suspense, MaPrimeRénov' survit en 2026 mais amputée d'une évolution importante : fini les forfaits pour les chaudières biomasse et l'isolation murale quand on fait juste un geste isolé. Du côté du diagnostic de performance énergétique, la baisse du coefficient d'énergie primaire (le fameux facteur de conversion électrique) va améliorer le classement de pas mal de logements qui échapperont ainsi à l'interdiction de location des passoires thermiques. D'après le ministère de la Transition écologique, 700 000 résidences principales supplémentaires quitteront la catégorie des gouffres énergétiques.
Chauffage bas-carbone : aides multipliées par cinq pour les gros projets
Mairies, intercommunalités et entreprises qui veulent passer à des systèmes de chauffage décarbonés peuvent désormais compter sur des coups de pouce vraiment costauds. Quand une pompe à chaleur collective ou une installation géothermique vient remplacer une énergie fossile, les financements sont multipliés par cinq selon Hellio.